Non pas une histoire, mais 60 histoires de vie concernant des personnes originaires de toute la France et de l’Europe. Cet ouvrage n’est pas le récit anonyme des événements relatifs aux Juifs pendant la Deuxième Guerre mondiale, mais le récit raconté par un membre de chaque famille de ce que fut la vie des siens pendant cette période. Divisé en cinq parties, chacune d’elles correspond à un groupe de personnes défini par sa nationalité et sa situation (réfugiés français, réfugiés étrangers, assignés à résidence, engagés français, engagés étrangers) et suivie d’un commentaire des auteurs qui répond à l’affirmation qui constitue le titre. Nombre d’ouvrages existants considèrent les Juifs comme des victimes ou comme des survivants grâce à l’aide apportée par la population non-juive, l’idée centrale du livre est que nombre de Juifs ont pu se sauver parce qu’ils ont eux-mêmes pris les mesures qui leur ont permis d’y parvenir. Lesquelles ? C’est ce à quoi ce livre se propose d’apporter une première réponse. Nul auteur ne nie le rôle joué par les Juifs pour se sauver, mais nul ne développe cette perspective. C’est l’originalité de ce livre que d’entreprendre de le faire. Les témoins sont aussi variés que possible dû leur origine sociale, nationale ou de genre. Certains proviennent de la haute bourgeoisie juive, d’autres sont de gros commerçants, mais la plupart sont de petites gens, hommes, femmes, enfants. Certains sont des gens simples, sans engagement particulier et d’autres des héros, parfois connus et parfois non. Comme les autres départements proches de Toulouse, le Tarn a servi d’exutoire à la grande ville submergée par les réfugiés au début de la guerre. De plus, on trouve représentées dans ce département les principales formes caractéristiques de l’époque : famille isolée, camps d’internement, ferme-école, assignation à résidence, maquis… Entre autres comme témoins connus : Jean-Pierre Melville réalisateur de films, Francis Lemarque chanteur, René Kapel aumônier régional de Toulouse, Pierre Dreyfus-Schmidt maire de Belfort, les enfants cachés de Castres et de Mazamet, Gerhard Leo, Allemand, résistant, Dora Schaul Une femme dans le Travail allemand, Cécile Reims graveuse…
Jacques Fijalkow, docteur en psychologie, professeur honoraire Université de Toulouse. Président de l’association des Amitiés judéo-lacaunaises, organisation et publication des colloques de Lacaune. Assigné à résidence à Lacaune avec ses parents puis caché. Père raflé en février 1943, déporté et décédé à Maïdaneck.
Éliane Fijalkow, docteur en psychologie et sciences de l’éducation, maître de conférences honoraire Université de Toulouse.





