À la Libération, la France découvre l’ampleur d’un gigantesque « vol légal ». Pendant l’Occupation, les Juifs ont été méthodiquement dépouillés : entreprises, appartements, meubles, œuvres d’art, comptes bancaires. Derrière la persécution antisémite s’est organisé un immense pillage, conduit par l’État de Vichy et l’occupant nazi. En 1944, une question essentielle se pose : comment rendre aux victimes ce qui leur a été volé ?
Au cœur de ce combat se trouve Émile Terroine (1882-1976). Scientifique reconnu, résistant et républicain engagé, il devient l’un des artisans majeurs de la politique de restitution des biens spoliés. Depuis Lyon, dans les premiers mois de la Libération, puis à l’échelle nationale, il organise la restitution aux familles juives, affrontant inerties administratives et résistances de l’après-guerre.
Fondé sur des archives inédites, ce livre éclaire une page encore méconnue de l’histoire de la Libération : le combat pour réparer la spoliation des Juifs de France — une politique dont les effets se prolongent jusqu’à aujourd’hui.
Comme l’écrit la préfacière « Sylvie Altar tire de l’ombre un homme à l’élégante silhouette […], transplanté, par les vicissitudes de la guerre, à Lyon, haut lieu de Résistance, emprisonné quelques mois à Montluc mais échappant à un destin tragique grâce à l’avènement de la Libération. »
À travers la figure d’Émile Terroine, ce livre raconte un combat pour la justice, la mémoire et la responsabilité de l’État — un combat né à la Libération, mais qui n’est pas encore achevé.
Sylvie Altar Enseignante agrégée, historienne attachée au LARHRA (Université Lyon 2-3) et déléguée régionale pour le Comité français pour Yad Vashem. Elle est spécialiste de la vie des Juifs en France et auteure de plusieurs ouvrages aux éditions Tirésias-Michel Reynaud.





